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Comment planifier un long voyage en famille tout en restant en instruction en famille (IEF) : organisation, ressources et retour d’expérience

Comment planifier un long voyage en famille tout en restant en instruction en famille (IEF) : organisation, ressources et retour d’expérience

Comment planifier un long voyage en famille tout en restant en instruction en famille (IEF) : organisation, ressources et retour d’expérience

Pourquoi un long voyage en famille et en IEF est une opportunité incroyable

Partir plusieurs semaines ou plusieurs mois en voyage avec ses enfants, tout en restant en instruction en famille (IEF), peut sembler fou au premier abord. Pourtant, c’est souvent l’une des périodes les plus riches de la scolarité à la maison. Les enfants apprennent autrement, plus intensément, en liant le concret aux notions “théoriques”.

Lors de notre premier long voyage (3 mois entre l’Espagne et le Portugal avec nos deux enfants de 6 et 9 ans), j’ai vite réalisé que mes “beaux” plannings scolaires ne tiendraient pas une semaine… En revanche, les apprentissages réels – la gestion d’un budget, lire un plan de métro, comparer des langues, comprendre l’histoire d’un pays – se multipliaient naturellement. L’enjeu n’est donc pas de reproduire l’école à la maison en mode “valise”, mais de transformer le voyage en immense terrain d’apprentissage.

Clarifier son projet : objectifs, durée et style de voyage

Avant même de parler manuels et ressources, il est essentiel de cadrer votre projet. Cela influence tout : organisation scolaire, matériel à emporter, rythme de travail, budget.

Posez-vous ces questions essentielles :

Lors de notre second voyage (un mois en Italie), nous avons choisi de “relâcher” un peu le programme de français et de maths pour nous concentrer sur l’histoire de l’art, la géographie et l’anglais. En rentrant, nous avons rattrapé progressivement les parties plus académiques, mais les enfants se souvenaient dans les moindres détails des visites et des rencontres.

Respecter le cadre légal de l’IEF en voyage

Voyager ne dispense pas de respecter la législation sur l’instruction en famille. Selon votre pays de résidence (France, Belgique, Suisse, Canada…), les règles varient. En France par exemple, l’IEF est très encadrée (autorisation, contrôles, projet pédagogique…).

Quelques points de vigilance :

Pendant notre séjour prolongé au Portugal, j’ai pris l’habitude de garder tous les tickets de musées, de noter les lectures des enfants, de prendre en photo leurs carnets de voyage. Au contrôle, cette “trace” vivante de leurs apprentissages a beaucoup rassuré l’inspecteur.

Organiser le programme scolaire : allègement malin et flexibilité

Un long voyage nécessite souvent d’alléger et de réorganiser le programme. L’idée n’est pas de tout faire, mais de prioriser et d’utiliser le voyage comme support pédagogique.

Quelques stratégies efficaces :

Sur la route entre Séville et Lisbonne, nous avions instauré un rituel : chaque trajet de plus de deux heures commençait par 30 à 45 minutes de travail formel (cahier d’exercices, lecture à voix haute), puis les enfants pouvaient écouter des podcasts ou des livres audio liés à notre destination.

Ressources pédagogiques légères et adaptées au voyage

Le poids et l’encombrement sont des contraintes majeures pour l’IEF en voyage. L’objectif : limiter le matériel physique et maximiser le numérique, tout en gardant quelques supports papier essentiels.

Voici ce qui nous a été le plus utile :

Nos indispensables ? Une liseuse bien remplie (classiques de la littérature jeunesse, documentaires adaptés à leur âge) et une petite trousse “multi-usage” (stylos, crayons, ciseaux, colle, quelques feutres). Les enfants y tenaient comme à un trésor, car c’était leur “école portable”.

Transformer le voyage en support d’apprentissage

La force du voyage en IEF, c’est de pouvoir ancrer les apprentissages dans la réalité. Chaque journée de découverte peut devenir un support pédagogique, sans donner l’impression de “faire l’école”.

Quelques idées concrètes :

En Espagne, nos enfants ont appris leurs premiers mots d’espagnol grâce aux panneaux routiers et aux menus de restaurant. Ils se faisaient un jeu de reconnaître les mots proches du français et ceux complètement différents. Sans cahier de vocabulaire, ils ont retenu bien plus que lors de nos séances “formelles” de langue.

Structurer les journées : trouver un rythme réaliste

L’un des plus grands défis en voyage-IEF est de trouver un rythme qui respecte à la fois les besoins scolaires, le temps de découverte et le repos. Trop de programme scolaire frustre tout le monde, trop peu peut générer du stress au retour.

Quelques repères pour construire votre rythme :

Lors de notre road trip, nous avions mis en place une règle simple : tant qu’il n’y avait pas eu au moins 45 minutes de “temps calme d’apprentissage” (lecture, écriture ou exercices), les enfants n’avaient pas accès aux écrans ludiques. Ce cadre a rapidement été intégré et a évité les négociations permanentes.

Gérer le matériel scolaire et le quotidien en mouvement

Vivre en semi-nomade avec des enfants implique une organisation presque militaire… mais qui reste adaptable. L’objectif est de ne pas se disperser avec du matériel inutile et de tout retrouver facilement.

Quelques astuces testées sur la route :

Au bout de deux semaines de voyage, nous avons réalisé que nous n’utilisions quasiment pas deux des manuels emportés. Nous avons décidé de n’en garder qu’un en format papier et de basculer le reste en numérique lors d’un passage dans une bibliothèque municipale avec scanner. Un vrai soulagement pour les sacs… et pour le dos.

Émotions, fatigue et ajustements : l’aspect humain du voyage-IEF

On parle beaucoup d’organisation, mais le plus important reste l’humain. Un long voyage en famille est intense : émerveillement, fatigue, disputes, découvertes, changements de repères. L’IEF en voyage demande une vraie écoute des besoins de chacun.

Points de vigilance psychologiques :

Je me souviens d’une soirée au milieu du voyage où notre aîné s’est mis à pleurer sans raison apparente. En discutant, il a avoué qu’il avait peur de “prendre du retard” par rapport à ses anciens camarades de classe. Nous avons pris le temps de lui montrer tout ce qu’il avait appris depuis le départ (photos, carnet de voyage, nouvelles compétences). Cela l’a rassuré, et c’est lui qui, le lendemain, a demandé à faire un peu de maths “pour se sentir bien”.

Préparer le retour : valoriser les apprentissages et se remettre dans le bain

Revenir après un long voyage-IEF, c’est aussi une étape à anticiper. Les enfants ont souvent beaucoup grandi, appris autrement, et il peut y avoir un décalage entre ce qu’ils ont gagné en maturité et les attentes “classiques”.

Quelques pistes pour un retour plus serein :

Après notre retour d’Italie, nous avons imprimé quelques photos et les enfants ont préparé une petite exposition pour la famille. Ils ont présenté les villes visitées, expliqué ce qu’ils avaient appris. Non seulement cela a solidifié leurs connaissances, mais cela leur a donné une immense fierté. Et, de mon côté, j’ai pu m’appuyer sur ce portfolio pour montrer la richesse de cette période lors du contrôle IEF suivant.

Planifier un long voyage en famille tout en restant en instruction en famille demande du travail en amont, des ajustements permanents et une bonne dose de souplesse. Mais l’expérience en vaut largement la peine : vos enfants ne garderont probablement pas un souvenir précis de chaque fiche d’exercices, mais ils se souviendront toute leur vie de ce pays découvert ensemble, de cette langue tentée maladroitement, de ces cartes étudiées le soir dans un petit appartement loué à l’autre bout de l’Europe. C’est là que le voyage devient une véritable école de vie.

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